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Traits de Plume

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Suivi de l'auteur - Sa Biographie - Ses Parutions - Ses prochains romans et nouvelles.


La boucle se referme

Publié par traits.de.plume.over-blog.net sur 16 Juillet 2020, 11:26am

La boucle se referme

 

 

Après les deux romans : l’Arbre de mémoire et Témoignages d’Automne, l’Homme qui n’avait pas de nom est le dernier volet du triptyque de l’auteur à la recherche de ses origines.

 

Son père, un jeune émigré polonais, arrive en France dans la fin des années et fonde une famille. Enfant, l'auteur observe, essaie de comprendre les regards dépourvus de mots. Son père parle peu, c’est dire le personnage. Avec son éternel béret cachant ses cheveux blonds et ses yeux bleus toujours baissés, il cherche à se soustraire à la réprobation des gens du pays.

 

L’auteur grandira dans l’ombre d’un père dont il ignore tout de son passé, de ses origines et de sa famille restée en Pologne. Adolescent, il marchera à tâtons sur le chemin qu’aucune balise ne vient éclairer ses doutes, puis se heurtera durant la majeure partie de sa vie contre un mur infranchissable dressé par le mutisme de son géniteur. Pas même une photo, dérobée par quelque gens de passage, pour espérer voir des sentiments sur un visage, imaginer des paroles dites. Il puisera dans ses lectures, ses souvenirs et imaginera le voyage de son père.

 

La longue route de l’émigré traverse les siècles. Qu’il soit naufragé aux abords des côtes méditerranéennes ou à la descente d’un train, muni de papiers en règles, son statut ne change pas. Il demeure la personne indésirable au vu de critères qui, eux, évoluent avec le temps. Dans un cas il recevra une allocation pour survivre alors que dans l’autre cas, il ne survivra que grâce au travail pour lequel on est allé le chercher dans son pays, faute de main d’oeuvre locale.

 

L’auteur s’est inspiré de faits réels pour retracer le chemin semé d’embûches emprunté par Natalia et sa famille. Afin de ne pas altérer la réalité dont il s’est pourtant affranchi à certains moments et pour ne pas froisser le lecteur qui connaîtrait les faits rapportés, le nom des villes et villages, des personnages et autres points de repère ont été volontairement changés.

 

Choisir une jeune enfant pour porter le poids du récit est voulu. Pour susciter la bienveillance du lecteur afin de la suivre dans son voyage et imaginer ce qu’est la vie de ces êtres arrachés à un passé qui demeure enfoui dans le silence du pays d’adoption.

Adoption, le mot n’est pas trop fort et résume parfaitement la situation : c’est le triste sort réservé à des enfants nés de parents qui, par l’obligation faite de leur statut d’émigrés, cacheront leurs origines à la société, privant ainsi leur propre descendance de leurs racines familiales. Ainsi deviendront-ils les orphelins de leur propre famille dont ils ne connaîtront jamais la vie de leurs grands-pères, grand-mères, oncles, tantes, neveux, cousins.

 

Mais l’histoire d’une famille d’émigrés est comme le feu sous la cendre. Une étincelle, une réflexion et le passé se retrouve entre les mains d’une génération en quête de ses origines. Les interrogations ne font que se transmettre et s’il est fréquent qu’un fils d’émigré, dépourvu de ses propres racines vienne se greffer sur celles de son épouse, il arrive qu’une descendance, un jour, parte à son tour à la recherche de son identité. De là, toute l’importance du récit écrit.

 

Le passé d’une famille est un livre où chacun devrait y lire sa propre histoire. Natalia dans ses carnets, l’auteur dans ses romans.

Il espère, malgré le défaut de la société actuelle où seul le présent prédomine, que la curiosité saura se manifester pour que chaque bout de l’histoire personnelle d’un membre vienne s’ajouter au grand livre familial. C’est le seul moyen pour ne pas tomber dans l’oubli.

 

 

 

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