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Traits de Plume

Traits de Plume

Suivi de l'auteur - Sa Biographie - Ses Parutions - Ses prochains romans et nouvelles.


Roman : L'arbre de mémoire

Publié par Stanislas F.J. Tarabula sur 14 Juin 2010, 11:27am

Catégories : #Roman

    Saule Ciel Blanc

Citation :

Dites-moi que c'est impossible à réaliser et je vous prouverai le contraire ? S.T.

Comment est né ce livre?

Existe-t-il un blues de l'écrivain ?

Après la parution de mon premier livre, dans le désert des mots j'ai longtemps erré, je ne pourrais dire combien de temps, à la poursuite d'un mirage sur lequel flottait le monde des idées. L'apathie s'empara de mon esprit qui ne souhaitait rien d'autre que prendre le temps d'apprécier son dernier né, alors que je m'étais déjà fixé un nouvel objectif. Ce premier livre n'était pas le fruit du hasard.

Ne me lassant pas d'explorer le kaléidoscope de l'esprit humain aux prises avec les démons du golf, je débutai un récit évoquant les affres du golfeur novice soumis aux regards interrogatifs de ses partenaires.

Peu après, une autre idée germa, le rêve d'un golfeur expérimenté participant au Majeur d'Augusta (l'une des quatre plus importantes compétitions de golf au monde), lui offrant ainsi l'opportunité de côtoyer les champions qu'il admirait.

Puis ce fut une nouvelle qui délaissa le thème récurrent du golf pour l'angoisse d'un homme ayant malencontreusement lié l'échéance de sa vie à celle d'un étrange visiteur arrivé un soir d'automne. Au cours des cinq années écoulées, un rouge-gorge revient prendre ses quartiers d'hiver sous le porche de la maison du narrateur qui croit reconnaître en lui le messager du temps. Même cette petite boule de plumes ne parviendra pas à me rendre la sérénité passée.

Assez curieusement, je passai d'un récit à l'autre, espérant ainsi repartir...d'une bonne plume ! L'été arriva, mon esprit se mit à suer sur la page blanche autant que mon corps sur les parcours de golf. Je ne parvenais pas à m'extraire de l'état où une phrase faisait de l'ombre à la précédente, redoutant d'être à son tour victime de la suivante, où chaque mot contestait ce que disait son voisin. J'ai fini par poser ma plume avant que les lettres elles-mêmes ne finissent par se haïr.

A l'entrée de l'automne, dans cette région d'Espagne où je viens parfois y trouver refuge, la mer et le ciel échangèrent leurs bleus, et sur le sable de la plage, à présent déserte, mon imagination emboitait les  traces de pas des derniers vacanciers. Bientôt, le ciel pleurerait le soleil parti vers d'autres lieux et la mer, lasse de faire le dos rond, lâcherait ses vagues écumantes de colère de voir tant de sensibilité inutile. Ce n'était que le cycle imperturbable des saisons.

Je repris le chemin du médecin qui, année après année, de mon visage effaçait les dégâts occasionnés par le soleil. Une fin d'après-midi, assis dans la salle d'attente, j'observais, une fois encore, le tableau accroché sur le mur me faisant face. Une croute au style indéfinissable, sans doute achetée pour atténuer la nudité du mur, à moins que cela ne fût pour capter l'attention du patient désœuvré, la table remplie de revues n'ayant pas réussi à lui faire tendre une main pour en saisir une.

C’est alors qu’il me sembla voir une idée dépasser de l'une d'entres-elle, se dégager avec une facilité déconcertante et glisser sur la couverture luisante d'un magazine de mode. Vers le sol. En parcourant des yeux cette pièce où le temps lui-même se perd, en dévisageant les patients aux regards perdus dans l'absence, je m'essayai à imaginer leur famille, leur emploi, leurs secrets, leur passé, jusqu'à les confondre avec des personnes qui m'étaient chères. Je venais de rattraper l'idée avant qu'elle ne touche le sol et lui offrait sa chrysalide. Je sortis mon inséparable carnet et notai avec avidité les mots résumant le sujet de mon prochain roman.

Tel un phare balayant le souffle apaisé d'une mer endormie, la lampe de bureau éclaira puis partagea ma solitude au cours des nuits qui suivirent. Certains jours, sur le parcours de golf, je me consolais aisément d'un jeu désastreux à l'idée de rentrer chez moi pour reprendre l'écriture de l'histoire née dans la salle d'attente du dermatologue. Mon esprit avait retrouvé son terrain de jeu favori. Il m'arriva de me réveiller en pleine nuit et de constater que j'étais en train d'écrire durant mon sommeil. Hélas, à mon réveil, je ne parvenais pas à me souvenir, ne serait-ce que des plus belles idées. Alors je mis un calepin sur ma table de chevet et, ainsi, je pus noter celles des rêves suivants.

Au cours d'un après-midi, je n'ai pas de moment précis pour écrire car ma vie s'est peu à peu construite autour de l'écriture, tandis qu'un personnage prenait de la consistance, je fus surpris de l'éloquence de ma plume à son égard. Ce qui n'aurait dû prendre qu'une page ou deux ne cessait de progresser.

Puis, tout alla très vite et le personnage, elle, devrais-je dire, se glissa entre les deux derniers mots de la phrase que j'étais en train d'écrire pour s'échapper du roman.

Je sentis ses doigts prendre délicatement la plume d'entre les miens, impuissant je la laissais faire.

Ainsi débuta : L'Arbre de mémoire.

 'L'ARBRE   DE   MEMOIRE'

Stanislas F.J. Tarabula

Roman

238 pages

Les Editions Manuscrit

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Présentation du livre

Interview

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Les autres publications

2007 Réflexions dans le miroir du golf

Ouvrages disponibles sur le site internet de manuscrit

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Françoise W. 23/07/2010 10:04


J'ai lu ton livre d'une traite dès mon retour de vacances à Saint-Jean-de-Luz.
J'ai aimé la technique narrative. En effet ce sont des gestes qui déclenchent l'expression des personnages soit dans les dialogues, soit lors de monologues. La perspective alternée est intéressante
aussi. J'ai adoré les images que tu emploies dans les descriptions de la nature et autres mais surtout celles qui se rapportent au temps (qui s'écoule), et à la mémoire qui lui est directement
liée. Ces images permettent d'appréhender le temps comme quelque chose de palpable, de concret et de vivant.
Je ne suis pas critique littéraire et j'ai du mal à transmettre mes impressions et je ne sais pas si tu me comprendras.
Est-ce un effet de la poésie dont est empreint le roman, mais tout me semble voilé de mystère, alors qu'en fait en avançant dans la lecture, les faits s'éclaircissent.
Toute la partie consacrée au grand père est si émouvante.
Le style est envoûtant, j'ai eu du plaisir, merci pour ce livre, continue dans cette voie avec ta muse qui veille sur toi.
Amicalement à toi et à Christiane


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